Random Access Memories – Daft Punk – la critique

Les voilà, les apôtres de la « french touch », les seigneurs de l’EDM, les dieux de l’électro-house-funk-disco post 20ème siècle sont de retour. Je parle bien sûr de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo alias les Daft Punk et leur dernier album « Random Access Memories« . Après le premier single « Get Lucky » avec Pharell Williams et Niles Rodgers en tête de gondole, l’album qui initialement était attendu pour le 21 Mai a fuité d’abord sur le net puis a été disponible le 13 Mai en exclusivité sur iTunes. Très vite la rumeur a pris sur twitter et chacun a pu se forger un avis sur la dernière production des robots. Voici que les premières écoutes ont pu révéler morceau par morceau après une campagne de communication assez bien menée. Alors une bouillie commerciale ? Un ensemble expérimental ? Une bouse existentialiste pour bobo nombriliste ?

 

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Give life back to Music

On le savait cet album allait être Funk. Ce premier morceau ne nous donne pas tort. On est litéralement projeté dans les années 70 dans un revival façon Chic avec la guitare funk de Nile Rodgers. On est revenu au temps du disco avec la nostalgie qui peut en découler. Certains prendront peur, d’autres salueront un retour aux sources de la dance music assez bienvenu. J’ai personnellement adoré le groove. Du lourd d’entrée de jeu.

7/10

The Game of Love

Un morceau plus calme moins joyeux. Un mélange de voix vocodées et de synthé façon Jean Michel Jarre pour un morceau romancé à la sauce Daft. Relaxant mais pas exceptionnel non plus.

6/10

Georgio By Moroder

Bon les enfants on passe aux choses sérieuses. L’intro commence par une interview du pape de la disco européenne qui a notamment travaillé avec Donna Summer : j’ai nommé l’italien Georgio Moroder. C’est une des grandes influences des Daft Punk. Le musicien nous raconte son aventure à ses débuts et sa recherche du son du futur en adéquation avec les morceaux de l’époque des années 50,60 et 70. Le synthétiseur est une grande avancée selon lui, je rajouterai à condition de ne pas en abuser.

Puis il dit : « My name is Giuvanni Giorgio but everybody calls me Giorgio. » A cet instant le morceau démarre sur une boucle électro puis part dans un mélange électro-jazz, puis électro-rock, électro-disco-rock-symphonique enfin vous m’avez compris, difficile de retranscrire la richesse de ce morceau qui sonne comme une profession de foi pour les deux musiciens français.

Un mélange indescriptible qui parcourt différents courants musicaux en quelques minutes. Un tournant dans l’album qui on le sait dés à présent, contiendra une dose d’expérimental, de recherche musical aux sources.

9/10

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Within

Le piano de Chilly Gonzales et les voix vocodées de nos robots pour cette balade que je trouve magnifique et pleine de mélancolie. Cela aurait pu être mièvre, il n’en est rien. C’est certes un interlude entre deux parties de l’album qui ressortent clairement. Néanmoins, j’ai aimé dés la première écoute, c’est touchant et assez fin.

7/10

Instant Crush

Nouveau moment fort dans l’album avec ce morceau chanté avec une voix vocodée méconnaissable de Julian Casablancas leader du groupe ‘The Strokes’. C’est un morceau vraiment électro-pop-rock qui rappellera que les Daft ont commencé bien avant Homework dans un groupe de rock appelé « Darlin ». Le morceau monte au film des minutes vers un sortie électro et un solo de guitare. Cela nous restera dans la tête un bon moment.

8/10

Lose yourself to dance

Le morceau funk de l’album. C’est le morceau que j’ai préféré à la première écoute, car de plaisir instantané. C’est facile et efficace. Un groove de malade, une tuerie absolue sortie tout droit de la guitare de Nile Rodgers qui nous rappelle que le funk est le genre musical qui appelle à la danse. Plus encore que « Get lucky », ce single aussi chanté par Pharell Williams en falsetto, est vraiment un modèle d’efficacité. On appréciera la montée des « Come on » « Come on » des Daft robots en stéréo vocoders. Mention spéciale aussi à la basse et la technique du slap particulièrement bien utilisée. Produit à la perfection à la manière d’un album réalisé par Quincy Jones, suivez mon regard avec la même police d’écriture qu’un certain album. Oui, oui ça tue, quoi tu as pas encore compris ? Cet album est un thriller ! (c’est bon là ?)

9/10

 

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Touch

Le meilleur morceau de l’album ? C’est possible. Un véritable voyage au frontières du réel. Une sorte de Bohemian Rhapsody par David Bowie à la sauce robot. Je dois dire qu’ici le niveau de production est assez effrayant. Le morceau chanté par Paul Williams dégage une beauté surnaturelle très british. Le morceau est magnifique, aligne de la soul, du disco, des passages symphoniques et un peu de funk et est résolument expérimental. On apprécie l’orchestre, le niveau incroyable de la production, les choeurs et l’envolée lyrique. Aux antipodes du commercial « Get Lucky » ainsi ce à quoi Daft nous a habitué depuis 20 ans. Les fans d’électro pur et dur façon Rollin&Scratchin vont pleurer. Les amateurs de musique quant à eux adoreront. A la limite du chef d’oeuvre.

9.5/10

Get Lucky

On l’a entendu en long en large et en travers. C’est efficace et tout le monde dansera dessus cet été. L’intro dans la version album est largement meilleure avec la guitare de Nile. Je comprend même pas pourquoi ils ont viré ça dans la version Radio Edit.

7/10

Beyond

Intro symphonique puis les voix des robots prennent le relai pour ce morceau interlude qui se termine par du synthé à la manière (encore) de Jean Michel Jarre. Relaxant et pas inoubliable non plus. Mais cela permet de se remettre pour la suite.

6/10

Motherboard

Le morceau le plus expérimental de l’album.On entend une boucle synthé qui semble venir de l’hyperespace de 2001 de Kubrick, une flûte, une guitare sèche (si si) assez étrange. Le morceau progresse progressivement dans l’électro et on se sent flotter dans l’espace. Assez remarquable.

7/10

daft punk duo

Fragment of time

Un morceau de soul que je trouve correct mais pas monstrueux non plus. C’est le morceau que j’apprécie le moins même si la production est assez efficace et qu’il contient un solo de gratte sympa.

5/10

Doin’ it Right

Un morceau composé presque exlucivement de voix vocodées notamment avec le featuring de Panda Bear d’Animal Collective. C’est entêtant dés la première écoute, on a vraiment la boucle vocale dans la tête, c’est une diablerie ! Je pense que c’est le « Technologic » de l’album. « Everybody will be dancing if you’re doing it right » encore et encore avec une batterie vraiment efficace. Un morceau qui sonne clairement « Discovery ». Un classique !

8/10

Contact

Le morceau avait leaké dans une version plus techno dans un live du début des années 2000. Le dernier morceau de l’album est clairement celui sonne le plus « Daft Punk » dans ce marasme de funk, de disco et de soul. On assiste à un décollage en règle vers d’autres sphères. On a l’impression d’être face à une fusée qui décolle pour le dernier voyage de l’humanité. C’est clairement épique, ces robots viennent d’une autre planète. L’apocalypse semble accompagner les derniers moments de cet album avec une batterie puissante de précision. Le tout se termine dans marasme apocalyptique, atmosphère retro-futuriste et de fin du monde.

8/10

Conclusion sur Random Access Memories

Clairement ceux qui attendaient un album électro house façon Homework seront déçus. L’album est pourtant une production d’un niveau comme on a eu peu ces dernières années sur la scène mondiale, à des années lumières de ce que l’on peut entendre dans le monde de la musique électro aujourd’hui. D’ailleurs peut-on parler de musique électronique en ce qui concerne RAM ?

Si le dernier vrai album s’appelait « Human after all » , 8 ans plus tôt, c’est clairement dans « Random Acces Memories » qu’ils viennent de prendre forme humaine avec un album aux sons organiques, avec de vrais instruments, un retour aux sources vers la musique qui les a inspiré ainsi que les héros de leur enfance. On imagine qu’un Michael Jackson aurait fait un magnifique guest dans ce véritable défilé spacio-temporel.

Le funk, le disco, la soul, le rock et l’électro façon Daft Punk, un pastiche où tout le monde trouvera son moment de bravoure. Un mélange de morceaux efficaces plutôt commerciaux (mais dans le bon sens du terme), d’expérimentations assez folles et risquées pour un groupe de cet envergure et de moments épiques où le temps semble s’arrêter.

Daft Punk change, prends des risques, n’est pas figé et sait se remettre en cause. Après 20 ans de carrière, rares sont les artistes qui sortent un bon album, encore plus rares ceux qui sortent un grand album sans se répéter. Bravo les frenchies !

 

Pour aller plus loins, vous pouvez consulter cet article interactif réalisé par Pitchfork, présentant de magnifiques photos interactives.

[/vc_column_text] [vc_video title= »Le morceau Get Lucky en audio version radio edit officielle, on voit les daft punk bouger vers 2:20 ! » link= »http://youtu.be/5NV6Rdv1a3I » el_position= »last »] [/vc_column] [/vc_row]

1 Comment

  • Somer dit :

    C’est un tournant musical qu’il fallait oser et même s’il y a des sonorités un peu maladroites c’est tout de même un album à découvrir. 20 ans de carrière et toujours un engouement côté fans, c’est rare mais il faut également que les fans apprécient les changements même en douceur.

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